Publié le 22/08/2009 à 17:10 par killia
Il n’échappe à personne que nous célébrons le quarantième anniversaire du premier pas de Niels Armstrong sur le satellite de la Terre. Même si cet événement qui se veut planétaire n’occulte pas la disparition de Michael Jackson, il n’en reste pas moins présenté comme une communion dans laquelle chaque être humain est prétendument impliqué. Au frontispice de ce succès de la Nasa à un moment très opportun de la guerre froide, se trouve gravé dans un marbre éternel la phrase devenu célèbre aussi pour sa théâtralité : « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ! » Mise en scène digne des meilleures séries B hollywoodienne. Qu’elle soit improvisée ou non, le sujet est à controverse et pourrait donner un éclairage sur la manière de promouvoir évidemment un certain rêve américain. Ce n’est pourtant pas la question qui mérite le plus qu’on s’y attarde.
On doit entendre par grand pas, que l’exploration lunaire in vivo - si on peut dire - induit un changement profond ou bien un bénéfice sensible pour l’ensemble des êtres humains. La question revient finalement à se demander si la face de l’humanité a changé. Il y a de grandes étapes scientifiques et techniques : le feu, la roue, l’écriture, la boussole, le darwinisme, l’inconscient freudien et j’en passe. Chacune de ces étapes a bouleversé en profondeur et durablement les conditions de vie ou la manière d’appréhender le monde. Évidemment la concurrence est rude avec l’empreinte laissée par les événements politiques de l’histoire. Même si les politiques savent plus que tout autre mettre à profit les découvertes à leur compte. Toutefois, la question de ce grand pas pour l’humanité, du changement et du bénéfice qu’il pourrait avoir induit, revient a s’interroger sur les aspirations humaine et en premier lieu de savoir s’il existe un lieu commun à tous les êtres humains - quelque soit leur culture, quelque soit leur religion- , qui leur donnerait une certaine universalité.
Un pas de Niels Armstrong sur la Lune, c’est un symbole d’affranchissement : l’être humain affranchi de son berceau dont il dépend tant, symbole aussi et par conséquent de son affranchissement vis-à-vis de son animalité. Aspiration proprement occidentale, difficile à dire, mais en tout cas une aspiration cultivée par la pensée de l’Occident depuis sans doute Aristote, qui scelle le destin d’une philosophie fondée sur le spécisme. C’est ce système partagé aussi bien par le christianisme que par le rationalisme cartésien qui a rendu possible le déni de l’animalité et l’identification à un dieu – comble de la vanité.
Qu’en est-il en réalité ?
Question qui suppose d’abord que l’on s’interroge sur la nature de la Nature. Une nature qui se détermine par la relation de la cause et de l’effet ; et qui veut qu’à chaque cause corresponde un effet et qu’à chaque effet corresponde une cause. Ainsi, supposer que l’être humain échappe à la Nature revient à dire qu’il est hors cette relation et qu’il est a la fois sa propre cause et son propre effet. Bien que récente dans l’histoire de l’être humain, cette conception trouve son fondement dans les théologies liées à la Bible et nourries des principes aristotéliciens concernant la place de l’être humain dans l’univers. Selon cette conception l’existence de l’être humain est intimement liée à celle d’un dieu unique créateur 'paternel' de l’homme qu’il a façonné à son image. Cela ne signifie t-il pas que ce dieu, cause de sa propre cause et cause de toute cause, a concédé à l’homme la liberté d’être ce qu’il est ; c’est-à-dire aussi la possibilité de devenir autre que ce qu’il devrait naturellement devenir ? On pourrait prolonger cette question en se demandant si selon les concepts bibliques l’homme n’a pas hérité de ce pouvoir particulier de maîtriser son destin contrairement à toute autre être vivant.
L’évolution des religions dans l’histoire est particulièrement évocatrice de la manière avec laquelle l’être humain se positionne vis-à-vis de la Nature. Au sacre des éléments et des animaux non humains auquel est associé une spititualité primitive, suit celui de dieux mi-humains mi-animaux comme c'est le cas dans l'Egypte ancienne, puis celui d’une multitude de dieux féminins et masculins à partir des religions helléniques pour finir par le culte d’un dieu unique masculin. Autant d’étapes – qui ne sont pas anodines , mais qui au contraire caractérisent une position philosophique - entre une appréhension universelle de la vie et le divorce de la conscience de l’être humain avec sa place réelle dans la Nature. Place qui est celle d’un animal soumis aux mêmes règles que tous les autres. Dans cette pensée imprégnée très profondément par le point de vue d’Aristote puis plus tard - et dans son prolongement - par celui de Descartes les êtres vivants non humains sont considérés comme des objets. Quand Descartes évoquent les animaux machines, cela comprend a fortiori qu’il ne considère pas autrement les végétaux et tout autre organisme. Quand Aristote affirme que seul l’être humain possède une âme, qu’il se situe au plus haut de la hiérarchie des êtres vivants et que les êtres vivants non humain ne sont - pour faire court - rien que du matériel dont il peut disposer librement, il nous dit que l’être humain préside à sa propre destinée, qu’il est en cela la cause de sa propre cause, qu’il échappe a la Nature, voire à la nature de la Nature, au point d’ailleurs que la Nature est un objet pour lui. Les théologies chrétiennes ne disent d’ailleurs rien d’autre. La civilisation occidentale fonde donc une partie de sa culture sur le postulat selon lequel l’animal n’a ni âme, ni personnalité, ni conscience, ni sensibilité et que la Nature est un objet pour l’homme rebaptisé d’ailleurs avec une hypocrisie profondément cynique « environnement ».
Au passage saluons les tentatives philosophiques pour combattre le spécisme de Pythagore et Montaigne. Dont on peut dire finalement que par leur manière de garder aussi les pieds sur terre, ils ont sans doute su porter un regard sinon plus profond mais au moins accorder le bénéfice du doute à ceux que la vanité humaine exclut.
La notion d'environnement est à la Nature ce que le géocentrisme a été jusque tardivement au système solaire, un moyen de plus de placer l'être-humain au centre, coûte que coûte, en dépit du bon sens, en dépit des faits observables et qui devraient rendre à l'évidence. Pythagore en son temps considérant entre autre la manifestation de la douleur chez certains animaux non humains a admis la sensibilité et l'existence d'une personnalité chez eux. Il s'oppose en cela à Aristote son contemporain lorsque s'est posée la question de l'existence d'une âme en dehors du genre humain. Depuis quelques voix, rares malgré tout, ont fait valoir toujours sur un argumentaire fondé sur l'observation; parmi elles, celle de Montaigne n'est sans doute pas la moindre.
Et finalement que nous montre la réalité ? Frappante réalité ! Que les Océans s’acidifient, que les barrières de corail perdent 20% de leur surface tous les dix ainsi que leurs hôtes (75% de la masse des êtres vivants marins), que les forêts primaires sont condamnés à une échéance ne dépassant pas l’ordre de quelques décennies, que les terres cultivables subissent l’érosion, que les réserves d’eau douce diminuent, que la proportion de dioxyde de carbone augmente dans l’air, que des espèces disparaissent chaque jour… longue est la liste des conséquences, oui, des conséquences plus ou moins directes de l’action de l’homme. Et cela ne nous montre t-il pas que la Nature est aussi et surtout une chose en soi, de laquelle d'ailleurs l’être humain ne se distingue pas?
Affranchi donc, l'être humain? Non, certainement pas si l'on considère les conséquences de son action, ni les liens si intimes qui le relie aux autres espèces. Cette bulle conceptuelle particulièrement entretenue par les religions monothéistes éclate aujourd'hui face à la manifestation d'une solidarité - au sens stricte du terme - interspécifique. Solidarité mise à mal par le développement exponentiel de l'être humain.
Alors, un grand pas pour l'humanité? Ou la manifestation d'une puissance qui tire un bénéfice important de la croyance selon laquelle justement l'homme peut s'affranchir de la Nature et maîtriser pleinement son destin? Un soubressaut de plus d'une certaine façon de placer l'homme dans l'Univers qui résiste comme elle a résisté par le passé à l'héliocentrisme, au darwinisme et à l'inconscient freudien, trois blessures fondamentales de la vanité qui lui font perdre d'abord une place centrale dans l'Univers, une situation hors de l'animalité et enfin la maîtrise de ses sentiments. Une prouesse technologique évidente qui plutôt que d'apporter un bénéfice épuise l'intelligence et les moyens qui pourraient être utilisés dans la réflexion sur la solidarité interspécifique et sur les moyens d'en tirer parti efficacement et en rétablissant un équilibre entre la chaîne alimentaire dont dépend l'être humain et les autres chaînes alimentaires.
--
Publié le 23/09/2008 à 12:00 par killia
Mais que diable vont-ils faire ces pauvres pêcheurs bretons dans l’Océan Indien ? Si loin de chez eux, aux nez d’une Afrique qui sombre. Pauvres bougres rudes à la tâche, ils quittent femmes, enfants, terre natale sur leurs chalutiers dernier cri équipés de balises, radars, sonars et patati et patata.
Que diable vont-ils faire sous le nez des crève-la-faim, des misérables, des laissés pour compte, les souffreteux ? C’est simple, ils pêchent tranquillement dans les eaux territoriales au large de la Somalie. Des honnêtes gens, qui gagnent leur pain à la sueur de leur front, péniblement ! Le thon, voilà ce qu’ils pêchent, ne faisant de mal à personne. Pour cela, ils parcourent des milliers de kilomètres, bravent les tempêtes… et maintenant les pirates !
Naturellement, aux abords de la Somalie le poisson se fait rare, victime de la pêche intensive. Bien sûr les pêcheurs locaux n’ont pas les moyens de s’offrir les équipements permettant une pêche au large ! Que peuvent donc à cela les pêcheurs bretons ? Eux, ils ne sont là que pour faire leur travail, rien de plus. NON, ILS NE SONT PAS RESPONSABLES de la misère, de la faim dans le monde, de l’abandon à leur sort des Somaliens, Ethiopiens etc… Chacun son boulot, les pêcheurs le leur, les ONG le leur !
Tout de même, ne peut-on pas travailler et penser à la fois ? Le cerveau déjà embrumé par les vapeurs stupéfiantes de TF1 et M6 doit-il nécessairement resté suspendu quelque part dans les vestiaires des usines, aux portes des bureaux ou encore sur les quais ? Le travail serait-il au-dessus de nos responsabilités ? On a encore en mémoire les témoignages aberrants de ces gardiens des « camps » qui autrefois clamaient leur innocence prétextant n’avoir jamais qu’exécuter les ordres.
Les pêcheurs bretons ont toutefois le droit à l’inconscience. Peut-être ne savent-ils pas lorsqu’ils pêchent à proximité de l’Afrique tous les drames qui peuvent s’y jouer, peut-être ne savent-ils rien de la misère et du dénuement des peuples qui survivent à quelques brassées de leurs beaux navires ? S’ils sont ignorants à ce point, on peut alors comprendre leur étonnement lorsqu’ils font face aux pirates.
Ici, la vraie question, celle que l’on ne se pose presque jamais revient à se demander ce qui est juste. Est-il juste que les Somaliens pourtant proches des zones de pêche en question n’aient pas les moyens de les exploiter ? Est-il juste que des pêcheurs européens aient le droit de surexploiter ces mêmes zones à plusieurs milliers de kilomètre de leur port d’attache. Outre la question de la justice se pose aussi celle de la raison. Quel cynisme insupportable peut concevoir le fait que les plus pauvres ne puissent faire quelques centaines de kilomètres pour se nourrir alors que pour d’autres il est encore très largement rentable de pêcher à l’autre bout du monde ?
On a pu entendre les menaces de Sarkozy à l’adresse de la Somalie dans cette affaire. Gare à la « racaille » ! La racaille a toujours le visage du pauvre, la barbe mal rasée, le regard fuyant, les mots mal choisis, les dents serrés, et c’est encore pire si son ventre est vide. Les autres qui vivent par procuration du crime – fût-il simplement celui de contribuer ou promouvoir l’indignité de l’être humain – sont à l’abris de la vindicte sarkozienne !
Publié le 04/09/2008 à 12:00 par killia
La France annonce, contre toute attente, un taux de fécondité égale à 2%. En cela elle fait figure d’exception dans l’Union Européenne. L’on pourra s’interroger à loisir sur les causes de cette euphorie reproductrice. L’on se félicitera sans aucun doute de ce bon chiffre, et j’entends déjà venir les soupirs de soulagement de tous ceux qui ont peur pour leur retraite future et qui placent en les hommes et les femmes à venir leur assurance vieillesse. Malgré tout, ce chiffre nous oblige a nous demander quelles peuvent en être les conséquences.
Depuis bien longtemps déjà, la fécondité a les faveurs des politiques successives de la France, cette dernière mettant les moyens très largement au service de la croissance démographique. Chaque point de fécondité coûte cher à l’ensemble du pays en prestations diverses et variées et la population très attachées à ces avantages-là veille scrupuleusement à leur sécurité si je puis dire. Combien de syndicats, d’associations au service et à la défense de la famille. Toutes les étiquettes ou presque (si l’on tient compte de celles qui sont les plus représentatives), de droite ou de gauche, dans une sorte de consensus très politiquement correct - s’accordent à peu de choses près sur le sujet. Si la culture de cette « Grande Fille de l’Eglise » permet en partie d’expliquer l’attachement particulier de la France pour la croissance démographique, on ne peut éluder d’autres causes moins louables, si bien qu’elles se disent aussi moins haut.
Pour aller droit au but, une bonne démographie est aussi l’assurance d’un rapport équilibré entre les différentes parties sur le marché du travail, voire favorable aux employeurs ; en ce qu’une masse importante d’actifs sur le marché du travail tend à dévaluer la valeur du travail et par conséquent les salaires. On sait combien pour les syndicats de patrons il est important de maintenir un taux de chomage minimum pour mettre la pression sur les revendications des salariés et pour pour exercer le chantage à l’intensivité du travail. Ce taux minimum permettant de placer encore une large part des salariés en situation d’inconfort avoisinne les 6%. Dans les sociétés post-industrielles, c’est vrai pour les autres aussi, le PIB est assez directement liés au nombre d’actifs (au niveau d’études et de compétences près). C’est toujours du travail qui produit du chiffre d’affaire. L’on mesure alors assez facilement le lien établit entre la croissance économique et la croissance démographique. Sainte avarice et avidité, croissance économique ! La boucle est bouclée. Quand on se félicite, s’émerveille de ce beau 2% de fécondité, peut-on croire naivement, que la croissance économique est au service de l’être humain ? La naiveté a ses limites, en arriver là, c’est avoir allègrement franchi les limites de l’irresponsabilité ; et ceux-là n’ont vraiment plus qu’une chose à faire, continuer à se faire broyer le cerveau par leurs programmes télé favoris. Non, la croissance économique n’est pas, n’est plus au service de l’être humain, au contraire, l’animal objet d’hier, méprisé justement dans son animalité, esclave des fantasmes, victimes aujourd’hui encore du sadisme névrotique de la civilisation, cet animal n’est plus seulement de poils ou de plumes, de carapaces ou de coquilles, il porte aussi mon visage et le vôtre.
Devons-nous alors nous réjouir de fournir aux monstres de Davos la matière de leurs ogresques ripailles ?
Publié le 22/04/2008 à 12:00 par killia
Vous pensez encore que le lapin est élevé dans une bonne vieille ferme sur un tapis de paille, qu'il mange des carottes, qu'il gambade dans l'herbe grasse!? Vous le racontez à vos enfants, ils y croient autant que vous-même y croyez, et sans doute vous ne voulez pas savoir et laissez à d'autres le soin de vous nourrir. Mais derrière l'écran des jolies livres d'images et l'heureux mensonges qu'ils présentent, il y a une réalité qui concentre la souffrance, l'absurdité et l'indignité. La souffrance des animaux, l'absurdité de l'industrialisation et des visées humaines, l'indignité de notre négationnisme, de notre manque de respect pour ce qui en définitive nous constitue, c'est-à-dire notre nourriture.
pour en savoir plus n'hésitez à pas à visiter le site
http://www.l214.com/.
laurent raynaud.
Publié le 07/04/2008 à 12:00 par killia
Déclaration universelle des droits de l'animal
PRÉAMBULE:
Considérant que la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s'étant différenciés au cours de l'évolution des espèces,
Considérant que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d'un système nerveux possède des droits particuliers,
Considérant que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la Nature et conduisent l'homme à commettre des crimes envers les animaux,
Considérant que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l'espèce humaine du droit à l'existence des autres espèces animales,
Considérant que le respect des animaux par l'homme est inséparable du respect des hommes entre eux,
IL EST PROCLAME CE QUI SUIT :
Article premier
Tous les animaux ont des droits égaux à l’existence dans le cadre des équilibres biologiques. Cette égalité n’occulte pas la diversité des espèces et des individus.
Article 2
Toute vie animale a droit au respect.
Article 3
1- Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.
2- Si la mise à mort d’un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d’angoisse.
3- L’animal mort doit être traité avec décence.
Article 4
1- L’animal sauvage a le droit de vivre libre dans son milieu naturel, et de s’y reproduire.
2- La privation prolongée de sa liberté, la chasse et la pêche de loisir, ainsi que toute utilisation de l’animal sauvage à d’autres fins que vitales, sont contraires à ce droit.
Article 5
1- L’animal que l’homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs.
2- Il ne doit en aucun cas être abandonné, ou mis à mort de manière injustifiée.
3- Toutes les formes d’élevage et d’utilisation de l’animal doivent respecter la physiologie et le comportement propres à l’espèce.
4- Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence.
Article 6
1- L’expérimentation sur l’animal impliquant une souffrance physique ou psychique viole les droits de l’animal.
2- Les méthodes de remplacement doivent être développées et systématiquement mises en œuvre.
Article 7
Tout acte impliquant sans nécessité la mort d’un animal et toute décision conduisant à un tel acte constituent un crime contre la vie.
Article 8
1- Tout acte compromettant la survie d’une espèce sauvage, et toute décision conduisant à un tel acte constituent un génocide, c’est à dire un crime contre l’espèce.
2- Le massacre des animaux sauvages, la pollution et la destruction des biotopes sont des génocides.
Article 9
1- La personnalité juridique de l’animal et ses droits doivent être reconnus par la loi.
2- La défense et la sauvegarde de l’animal doivent avoir des représentants au sein des organismes gouvernementaux.
Article 10
L’éducation et l’instruction publique doivent conduire l’homme, dès son enfance, à observer, à comprendre, et à respecter les animaux.
La Déclaration Universelle des Droits de l'Animal a été proclamée solennellement à Paris, le 15 octobre 1978, à la Maison de l'Unesco. Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l'Animal en 1989, a été rendu public en 1990.
Publié le 26/03/2008 à 12:00 par killia
Je ne crois pas que seulement un et un seul dieu existe. Je ne crois pas que l'être humain soit à l'image d'aucun dieu !
La démarche agnostique me pose plus de questions que je ne trouve de réponses. En tout cas les deux dogmes éludés plus hauts -- fondement des religions monothéistes liées à l'Ancien Testament -- ne me permettent plus aujourd'hui d'appréhender le monde. Ils écartent trop sûrement, trop activement, et d'une manière ambiguë des interrogations dont la légitimité s'impose de manière de plus en plus frappante. Sans doute en raison d'un cloisonnement discipliné de la conscience occidentale ; les lumières sont loin, qui bravant les idées reçues et affrontant les monolithes d'une époque révolue, ont su poser les questions insensées et pourtant si pertinentes.
Un peu plus de deux siècles après la déclaration universelle des droits de l'homme dont on ne peut encore aujourd'hui nier ni l'universalité, ni la contribution à une amélioration de la condition humaine, nous appréhendons non sans une certaine angoisse ses limites. L'accès à ce que nous appelons -- si injustement -- les ressources en est une qui entrave au moins le dogme de l'égalité. L'anthropocentrisme que cette déclaration comprend, pourfendeur paradoxalement des cultures extra européennes, quand il s'arroge le droit d'ingérer dans le fonctionnement de sociétés parce qu'elles sont différentes, non conformes, anciennes, archaïques selon nos préjugés, animistes ou attachés plus à la tribu qu'à la nation, établit un curieux paradoxe en regard du droit à la dignité. Voilà une autre limite ! Il est des ingérences qui ont des relents de colonisation ou d'assujettissement ; et qui sont bien loin en tout cas de défendre - encore moins de rendre - la dignité aux êtres humains. Voyons ces tribus d'Indonésie culturellement animistes et qui vivent dans les forêts épaisses ! Elles s'organisent autour de ressources à leur portée, et se sont adaptées aux conditions de leur environnement naturel. Le défrichage intensif soutenu et largement subventionné par le FMI afin d'intensifier la culture de l'huile de palme, oblige les tribus à se placer sous la dépendance du marché pour assurer leur subsistance. La disparition du milieu est une catastrophe pour eux : d'abord culturelle, parce que la culture dépend étroitement de l'environnement, ensuite matériel parce que l'accès au marché les contraint très souvent à s'endetter de manière dramatique. Le fonds monétaire international absolument indifférent au sort des êtres humains évoqués plus haut, dirigé par des nations fières de porter le flambeau de la déclaration universelle des droits de l'homme, finance l’indignité et l'inégalité. Ailleurs, en Amazonie bientôt les nouveaux gisements de pétrole vont produire les mêmes effets, l’exploitation de la forêt le démontre déjà.
S'il n'est pas question de revenir sur la déclaration universelle des droits de l'homme, il est au contraires encore question d'en faire la promotion. Regardons quand même d'un œil suspicieux les nations nombreuses -- souvent donneuses de leçons d'ailleurs -- qui la bafoue par procuration à des fins économiques et financières. Il est aussi et surtout question de s'interroger sur la pertinence de produire des droits pour l'homme en dehors de ce qui participe intimement à sa constitution, à sa dignité, à sa liberté c'est-à-dire à son environnement. Quoique je n'aime pas ce terme ! En raison de ce qu'il contient une notion de proximité en tout cas celle d'un espace géographique proche, alors que je voudrais parler d'un espace qui comprend à la fois la dimension d'environnement naturel, celle culturelle et celle encore d'une représentation éco-psychiques. Ces trois dimensions me semblent intimement liées. Que valent les droits d'un être humain si on ne respecte pas le paysage dans lequel il évolue, si l'on décime les espèces animales ou végétales dont les représentations mentales au travers de cultes, de légendes participent à sa culture ? Que valent les droits d'un être humain contraint à participer aux marchés quand ses valeurs sont celle d'un cueilleur, d'un chasseur, d’un pêcheur ou d'un paysan ?
Il ne peut y avoir de droits pour l'être humain sans droits pour les plantes, sans droits pour les animaux. Non seulement parce que ces droits sont les seules garanties de la vie, de sa pérennité et de sa prospérité, mais aussi et peut-être surtout en raison d'une nécessaire éthique écologique. Cette dernière se fonde sur le principe selon lequel aucun être vivant ne peut être approprié, aliéné, privé de son droit à agir conformément aux ambitions de son espèce.
Publié le 16/11/2007 à 12:00 par killia
Une brève histoire de l’avenir de Jacques Attali, nous décrit les perspectives d’un futur peu enviable. Une démographie insoutenable, une exploitation des ressources quasi suicidaire, des famines, une grande extinction des espèces dont l’être humain est le seul responsable. Le tableau noirci ou non fait peur et nous semble aujourd’hui crédible. Jacques Attali n’est pas n’importe qui, on ne peut douter de son intelligence virtuose, de son engagement pour le bon sens. Dans cette brève histoire, qui décrit les mécanismes bien rodés autour desquels s’articule justement les événements historiques, il nous promet l’apogée d’une sorte de post bourgeoisie qu’il nomme « hyper nomade » ayant pour capital sa seule créativité, c’est-à-dire sa capacité à faire fructifier son « intelligence » et le travail des autres. Autour d’eux s’articulerait, un commun des mortels consommateur - justement de cette intelligence déclinée entre autre en distractions. La boucle est bouclée. Encore que selon lui, dans un contexte de défaillance de l’état garant de la propriété privée – et de bien d’autres choses encore -, d’état quasi absent, l’hyper nomade s’allierait tout naturellement avec les assurances et les sociétés de surveillance, les garants des richesses et la police privés. En dehors des quelques privilégiés qui vivraient dans ce que l’on pourrait appelé des Etats privés, l’absence d’Etat amènerait bon nombre d’êtres humains à vivre sous le règne du non droit et du banditisme à grande échelle. Merci monsieur Attali pour votre lucidité !
Le moteur de son histoire, de l’influence d’un grand centre économique qu’il appelle « affectueusement » un cœur, c’est la croissance. En effet dans sa Brève histoire de l’avenir, Attali nous montre où nous mènent la croissance et son inévitable alliée la démographie. Il faut beaucoup de pauvres pour qu’un riche puisse être riche ; et il faut de plus en plus de pauvres pour s’enrichir davantage. Les assurances et particulièrement la surveillance organisée ont pour dessein de maintenir les pauvres dans la chaîne prédatrice de l’économie, et d’éviter qu’ils ne profitent trop à une économie parallèle.
Si l’on croit Attali, nous abordons déjà la première vague de l’avenir et la constitution d’un Hyper-Empire, une sorte de marché mondialisé à l’extrême, dans lequel il n’existerait plus de bien public, ni la santé, ni l’éducation, ni la défense - et j’en passe. Quelle place pour l’homme ? « Plus l’homme sera seul, plus il consommera, plus il se surveillera et se distraira afin de meubler sa solitude. Une liberté individuelle sans cesse augmentée – du moins en apparence – par les autosurveilleurs conduira de plus en plus chacun à se considérer comme responsable de sa seule sphère personnelle, professionnelle et privée, à n’obéir en apparence qu’à son propre caprice et en fait aux normes fixant les exigences de sa propre survie. » La société disparaît en tant que telle pour laisser la place à une juxtaposition de solitudes, et les liens sociaux seront remplacés totalement par la consommation de biens et de services. Peut-on considérer cela comme un projet enviable pour l’être humain ?
A côté de cela, le développement et la croissance s’accompagnent de l’extinction de nombreuses espèces végétales et animales. On parle aujourd’hui de la sixième extinction dont les premières observations datent d’un siècles et demi. Cette extinction massive et rapide est attribuée à l’activité humaine. Attali en a conscience. « Enfin, la diversité animale et végétale semble se réduire par le jeu combiné des dégradations de la nature. Environ 10000 espèces disparaissent chaque année sur le 1,75 million d’espèces déjà recensées et les 14 millions qui semblent exister. Un quart des espèces de mammifères est menacé d’extinction ; le dixième des récifs coralliens, sans lesquels aucune vie terrestre n’aurait été possible, est déjà irrémédiablement condamné ; un autre tiers est fortement menacé de disparition d’ici à trente ans ; la raie manta, par exemple est en voie d’extinction, comme quatre des sept espèces de tortues marines ; la population mondiale des hippocampes a diminué de moitié au cours des cinq dernières années ; 80% de certaines espèces de requins ont disparu depuis dix ans ; la morue pourrait disparaître totalement avant la fin du siècle ; le thon rouge se fait rare. Au total, le nombre d’espèces animales pourrait chuter de 90%, comme c’est arrivé déjà à deux reprises dans l’histoire du globe (d’abord il y a 250 millions d’années, puis il y a 65 millions d’années, quand disparurent les dinosaures et qu’apparurent les mammifères). La disparition de la moitié des espèces vivantes avant la fin du XXI ème siècle n’est pas à exclure, et il n’est pas certain que l’espèce humaine puisse y survivre. » Avouons qu’après le constat catastrophique, Attali envisage le pire pour nos descendances. Après tout il ne fait que répéter les constats et les interrogations de certains scientifiques tel le très brillant sociobiologiste Edward O. Wilson, professeur à Harvard. Ce dernier, soit dit en passant, au-delà de la projection purement gestionnaire du phénomène pose explicitement le problème éthique d’une extinction si rapide et provoquée par l’être humain alors que la nature a besoin de plusieurs millions d’années pour rétablir de la diversité. Attali, quoique fustigeant les économistes de tout bord – on ne peut lui en vouloir, bien au contraire -, réagit ici comme eux en s’interrogeant sur la capacité de l’être humain - pour contourner la pénurie - à traiter les ressources afin de répondre aux besoins. Une solution très créative a déjà été envisagée, certes elle pousse le cynisme de la marchandisation à faire tomber les tabous les plus ultimes, dont celui de l’anthropophagie. Cette solution est décrite dans le roman de Harry Harisson Soleil vert , rendu célèbre par le film du même nom en 1973. Faut-il y voir l’aboutissement du culte en la croissance et la démographie ?
Publié le 11/11/2007 à 12:00 par killia
La lutte pour la prospérité a connu un essor particulier entre la période de la renaissance et le vingtième siècle grâce aux progrès techniques dans le domaine du transport . Avec pour conséquences la colonisation et l'occupation de zones géographiques lointaines, puis une globalisation des ressources naturelles et très vite au hasard des rencontres opportunes une globalisation des ressources humaines, sous leur forme la plus dénégatoire : l’esclavage. C’est avec la fin de l’esclavage et l’organisation de sociétés sur le modèle décrit plus haut, autrement dit avec l’affirmation d’un pouvoir du labeur qu’a pu avoir lieu l’émancipation de sociétés nouvelles et la constitution d’un pouvoir de décision suffisamment fort pour faire valoir son droit à exploiter lui-même ses propres ressources naturelles.
La lutte pour l’équité opposant le pouvoir de l’autorité et le pouvoir du capital jusqu’à la rupture de la révolution française prend l’aspect d’un affrontement entre le pouvoir du capital et le pouvoir du labeur à partir du dix-neuvième siècle. C’est la naissance du syndicat de travailleurs et du socialisme. Et avec eux la complexification du pacte social.
Le dénominateur commun de cette ensemble de relations humaines dont les parties sensibles sont les conflits et les pactes, c’est les ressources naturelles. Car celles-ci constituent le fondement même de la richesse. Même s’il n’est pas question d’éluder la contribution du labeur et du capital dont la participation a pour objet d’exploiter et de transformer les ressources.
Les temps qui finissent maintenant, ce sont ceux de l’homme « comme maître et possesseur de la Nature » ! Car après avoir pris conscience depuis quelques décennies déjà que les ressources étaient limitées, c’est depuis peu seulement que l’humanité accepte de regarder l’appauvrissement de ces dernières et reconnaît l’évidence de sa responsabilité en la matière. Les exemples sont nombreux. Ils touchent les réserves en eau douce dont l’accès en Afrique du Nord notamment en Egypte, Libye, au Moyen-Orient devient un enjeu vital source de tensions graves. La nourriture conséquence de la désertification en Afrique, en Europe du Sud (Espagne, Portugal) et dans bien d’autres endroits du globe victime d’un défrichement intensif et d’un appauvrissement des sols. L’énergie : réserve limitée du pétrole dont l’accès est la cause de conflits graves (Irak), la course à la nucléarisation avec une déstabilisation inquiétante de l’équilibre géostratégique (Corée du Nord, Iran).
Malgré tout, les règles qui déterminent les comportements des nations ne changent pas ; au contraire, elles s’affirment quand bien l’urgence recommanderait de les changer. Et c’est toujours la recherche de la prospérité et de l’équité qui fait courir les hommes. Cette course s’accélère même à mesure que les ressources s’appauvrissent. Moins il y a de ressource et plus on cherche la prospérité et moins l’on partage les richesses ; cela induit des tensions entre les nations et des tensions sociales. Pour le moment ces tensions se manifestent d’une part surtout par des luttes commerciales et d’autre part par des alternances politiques ; c’est le signe qu’il n’y a pas encore urgence au point d’entraîner des casus belli et une rupture du pacte social. Toutefois, la guerre en Afghanistan, en Irak, la révolte des « quartiers (populaire) » en France en novembre 2005 sont les signaux faibles d’un risque bien plus conséquent.
Publié le 04/11/2007 à 12:00 par laurent raynaud
Dans mes liens figurent le site du projet Kalaweit dirigé par Chanee. Il s'agit d'un projet global comprenant divers partenariats notamment avec des zoos.
En ligne de mire, la sauvegarde des espèces très menacées de gibbons; Kalaweit intervient sur tous les fronts qui sont en cause : du trafic d'animaux sauvages, aux incidences du FMI dans son soutien de la culture de l'huile de palme, en passant par un travail d'éveil et de complémentarité avec les communautés humaines interagissant avec le milieu.
Ce projet s'il bénéficie aux gibbons en premier lieu n'apporte pas moins une bouffée d'oxygène sinon un peu d'espoir à tous les maillons de l'écosystème dans lequel évolue le singe. Chanee fait appel à toutes les bonnes volontés, mais aussi à nos consciences car nos gestes de tous les jours, même à des milliers de kilomètres de l'Indonésie influencent grandement le sort de la biodiversité.
Saluons la politique de communication du projet qui s'appuyant sur les medias modernes permet de toucher efficacement le public. Je soutiens fermement ce projet parce qu'il voit loin, bien plus loin que le geste de bon coeur visant à donner bonne conscience. Il agit le plus directement possible en faveur de la nature sauvage sans compromis, mais avec intelligence; il ose ainsi dénoncer la politique catastrophique du FMI pour les écosystèmes et particulièrement dans le défichement des forêts primaires.
Aurélien Brulé Chanee passionné très jeune par les primates et sensible à l'extinction imminente des gibbons sauve quelque peu notre âme. Il ne réussira pas sans le soutien massif de toutes les bonnes volontés, alors qu'il n'y a pour l'instant pas grand chose à attendre de l'action politique.
Publié le 03/11/2007 à 12:00 par laurent raynaud
Qu’ils s’agissent d’un tournant, d’un virage, de la fin d’une époque, les qualificatifs ne manquent pas pour évoquer la période que vit l’humanité aujourd’hui. Comme depuis l’aube des temps les enjeux qui se dessinent sont toujours les mêmes. Ils concernent les ressources naturelles : nourriture, eau, énergie. De l’enjeu au conflit comme c’est encore la règle, il n’y a qu’un pas vite franchi, et plus les enjeux sont importants, plus les conflits sont récurrents, longs, intenses. Le cas des Proche et Moyen Orient est assez caractéristique d’une lutte dans laquelle les prétextes culturels et religieux ne peuvent dissimuler l’évidence d’enjeux qui concernent les ressources naturelles.
Il en va ainsi des relations entre les nations et les groupes d’intérêts qui agissent pour le compte de leur prospérité. Au sein même de ces nations et groupes d’intérêts s’établissent des liens sociaux qui règlent la hiérarchie entre les différentes catégories. On peut distinguer trois catégories : ceux qui travaillent (le pouvoir du labeur), ceux qui fournissent les outils (le pouvoir du capital), ceux qui décident (le pouvoir de l’autorité). L’enjeu de cette société, c’est le partage des richesses qui bien plus souvent que d’être équitable vise plutôt à être suffisant pour garantir une certaine stabilité.
La richesse, c’est d’abord les ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la contribution de chacun des pouvoirs évoqués plus haut. En valeurs relatives les règles établies attribuent la plus grande part des richesses au pouvoir du capital, une iniquité qui n’est pas sans induire un sentiment d’injustice notamment dans la catégorie de ceux qui ont le pouvoir du labeur. C’est une prérogative du pouvoir de l’autorité que de veiller avec plus ou moins de succès à ce que le sentiment d’injustice reste suffisamment acceptable pour maintenir la cohésion entre les différentes catégories. Il s’agit d’un Pacte Social. Pour cela, l’autorité utilise tout un artifice de transferts de richesses - souvent complexes dans les sociétés occidentales, quand ils ne s’annulent pas purement et simplement – et de discours qui visent à éviter le syndrome de la masse critique.
Le modèle qui a prévalu depuis les temps historiques jusqu’à aujourd’hui était une démarche subtile entre la lutte pour les ressources naturelles entre les sociétés et la lutte pour leur partage sous forme de richesses à l’intérieur d’une même société. Autrement dit, la lutte pour la prospérité et la lutte pour l’équité.