La lutte pour la prospérité a connu un essor particulier entre la période de la renaissance et le vingtième siècle grâce aux progrès techniques dans le domaine du transport . Avec pour conséquences la colonisation et l'occupation de zones géographiques lointaines, puis une globalisation des ressources naturelles et très vite au hasard des rencontres opportunes une globalisation des ressources humaines, sous leur forme la plus dénégatoire : l’esclavage. C’est avec la fin de l’esclavage et l’organisation de sociétés sur le modèle décrit plus haut, autrement dit avec l’affirmation d’un pouvoir du labeur qu’a pu avoir lieu l’émancipation de sociétés nouvelles et la constitution d’un pouvoir de décision suffisamment fort pour faire valoir son droit à exploiter lui-même ses propres ressources naturelles.
La lutte pour l’équité opposant le pouvoir de l’autorité et le pouvoir du capital jusqu’à la rupture de la révolution française prend l’aspect d’un affrontement entre le pouvoir du capital et le pouvoir du labeur à partir du dix-neuvième siècle. C’est la naissance du syndicat de travailleurs et du socialisme. Et avec eux la complexification du pacte social.
Le dénominateur commun de cette ensemble de relations humaines dont les parties sensibles sont les conflits et les pactes, c’est les ressources naturelles. Car celles-ci constituent le fondement même de la richesse. Même s’il n’est pas question d’éluder la contribution du labeur et du capital dont la participation a pour objet d’exploiter et de transformer les ressources.
Les temps qui finissent maintenant, ce sont ceux de l’homme « comme maître et possesseur de la Nature » ! Car après avoir pris conscience depuis quelques décennies déjà que les ressources étaient limitées, c’est depuis peu seulement que l’humanité accepte de regarder l’appauvrissement de ces dernières et reconnaît l’évidence de sa responsabilité en la matière. Les exemples sont nombreux. Ils touchent les réserves en eau douce dont l’accès en Afrique du Nord notamment en Egypte, Libye, au Moyen-Orient devient un enjeu vital source de tensions graves. La nourriture conséquence de la désertification en Afrique, en Europe du Sud (Espagne, Portugal) et dans bien d’autres endroits du globe victime d’un défrichement intensif et d’un appauvrissement des sols. L’énergie : réserve limitée du pétrole dont l’accès est la cause de conflits graves (Irak), la course à la nucléarisation avec une déstabilisation inquiétante de l’équilibre géostratégique (Corée du Nord, Iran).
Malgré tout, les règles qui déterminent les comportements des nations ne changent pas ; au contraire, elles s’affirment quand bien l’urgence recommanderait de les changer. Et c’est toujours la recherche de la prospérité et de l’équité qui fait courir les hommes. Cette course s’accélère même à mesure que les ressources s’appauvrissent. Moins il y a de ressource et plus on cherche la prospérité et moins l’on partage les richesses ; cela induit des tensions entre les nations et des tensions sociales. Pour le moment ces tensions se manifestent d’une part surtout par des luttes commerciales et d’autre part par des alternances politiques ; c’est le signe qu’il n’y a pas encore urgence au point d’entraîner des casus belli et une rupture du pacte social. Toutefois, la guerre en Afghanistan, en Irak, la révolte des « quartiers (populaire) » en France en novembre 2005 sont les signaux faibles d’un risque bien plus conséquent.